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RD7 : le Conseil général impose la 4 voies

rd7Aujourd'hui, à rebours de toutes les préconisations, de toutes les études, de toutes les réflexions sur la ville de demain, le Conseil général impose aujourd'hui le projet d’aménagement de la RD7 et des berges de la Seine, d’une 4 voies ( 2 x 2 voies réservées à la circulation automobile) sur la portion Sèvres, Meudon, Issy, jusqu’au périphérique à Paris. Caché dans un projet d'aménagement des berges minéralisé à outrance, c'est simplement une volonté d'accroitre la place de l'automobile dans la ville.

Le Conseil municipal du 8 décembre 2005 avait voté à l'unanimité un projet d'une RD 7 à 2 x 1,5 voies, permettant ainsi la mise en œuvre des circulations douces, une réduction sensible de la circulation automobile et la restitution des berges de Seine aux habitants. Les permis de lotir et les constructions de la ZAC des Chartreux avaient d’ailleurs pris en compte cette diminution de la voirie.

Les élus socialistes d'Issy-les-Moulineaux, Meudon et Sèvres ont envoyé un communiqué que vous trouverez ci-dessous. Les élus Verts et Socialistes au Conseil général voteront contre la proposition de passage à 4 voies.



Contrairement aux villes du Nord du département, contrairement au tronçon Sèvres – La Défense où la RD 7 est en bordure du fleuve, la voie départementale traverse à Meudon et Issy-les-Moulineaux des quartiers construits de par et d'autre de cette route, avec des équipements publics, des écoles, des commerces et des bureaux implantés en prenant en compte la politique définie par la municipalité en 2005. Les habitants, les entreprises se sont installés sur la base de promesses n'incluant pas de voie à grande circulation en son coeur. On retrouvera aisément les propositions et la publicité des promoteurs faisant du quartier des Chartreux un havre de vie.

Dès le lendemain des élections, la majorité municipale, revenant sur ses positions, a pris fait et cause pour le projet départemental et soutient aujourd'hui l'élargissement conséquent de la voirie et la mise en place d'une quasi autoroute urbaine. L'accroissement de la circulation, les dangers récurrents, l'impact de la pollution sur la santé, tout cela n'a plus d'importance. Les habitants attirés par les beaux panneaux de propagande des promoteurs et de la ville n'ont plus d'intérêt. Ils ont acheté. Terminé. Il faut reconnaître que le commissaire-enquêteur affirme en 2010 la nécessité d'une sécurisation et d'aménagements particuliers du quai des Chartreux, pour améliorer les conditions de vie des riverains qui sont très dégradées par la présence de la route. Comment en sera-t-il tenu compte dans un projet qui laisse une aussi grande place à la circulation de transit à grande vitesse ?

La volonté de conserver ce tronçon de berges dans une vision de développement durable, maintenu par l'association Espace et ses partenaires, a été portée par l'ensemble des élus d'Issy, de Meudon et de Sèvres qui ont largement contribué à faire de cette petite zone un témoin contemporain et en phase avec les besoins des habitants.

La proposition de Patrick Devedjian et des ses services qui ne tient compte ni des avancées de la réflexion et de la concertation préalable de décembre 2008 qui avait abouti à montrer que la proposition des associations et des habitants était viable. Les résultats de l’expérimentation en cours sur des carrefours sans feu sont les mêmes qu'en Angleterre, aux Etats-Unis ou en France : réduction de la vitesse, accroissement du flux régulier de véhicule, sécurité accrue des autres usages de l'espace public. Ces solutions différentes, dans une perspective de réduction de l'automobile au profit de modes de déplacements de proximité correspond aux aspirations des citoyens à vivre dans un environnement plus sain.

Figé dans les modèles et les politiques du passé fondés sur le tout automobile, le Conseil Général poursuit son projet des années 1970 sans se poser de questions, sans revisiter ce projet au regard de l'évolution urbaine de la zone et en ayant rejeté les résultats de la concertation publique, traduisant ainsi plus de l’obstination que de la continuité. Le projet du département des Hauts-de-Seine, habilement, intègre quelques-unes des préconisations des propositions alternatives. Mais ils sont réduits du fait de l'importance donnée à la voirie automobile et n'auront pas l'impact d'un projet entièrement conçu pour donner une place centrale au partage réel de l'espace public au bénéfice des habitants.

Face à ce retour en arrière inacceptable, et parce qu'il est impossible de rester dans le statu-quo aujourd'hui, il me semble pertinent de rejeter l'architecture générale du projet, de préconiser une voirie automobile à une voie dans chaque sens, à installer des carrefours sans feu sur la totalité du tronçon jusqu'au périphérique, en se donnant y compris la possibilité ultérieure de supprimer la trémie du Pont-d'Issy, de créer sur la surface dégagée par les 2e voies des pistes pour les déplacements à vélo et de gagner de l'espace sur les usages autres de ces terrains en gardant aux berges de Seine leur aspect naturel tel qu'il a été sauvegardé jusqu'alors en reconquérant les zones trop minéralisées.

COMMUNIQUÉ ENVOYÉ A LA PRESSE

RD 7 à 4 voies : malgré l'opposition de la population,
la commission d'enquête publique autorise une route à grande circulation entre Sèvres et Paris
Le Conseil général passe en force.



A quoi sert la concertation ?

« L’enquête s’est déroulée de façon satisfaisante. Le Public s’est intéressé au projet... L’avis du public a été majoritairement défavorable au projet. Cet avis était principalement motivé par le caractère trop routier, trop minéral, trop dur du projet.

Les auteurs d’avis défavorables auraient préféré la variante S3 dite à « 1,5 voies » pour que les ouvrages routiers n’occupent pas trop de place et pour éviter que la future RD 7 se transforme en « aspirateur à voitures ». Ils ont beaucoup critiqué les études de trafic et les justifications apportées par le maître d’ouvrage sur la nécessité de disposer d’une 2 * 2 voies pour écouler le trafic attendu à terme. »

Rapport de la commission d'enquête pages 3 et 4


Patrick Devedjian, n'acceptant pas le résultat de la concertation, a financé une étude IPSOS auprès de 705 habitants des villes concernées et à laquelle 69 % ont répondu en faveur d’une route à deux files par sens de circulation pour les voitures. Utilisant l'argent des contribuables pour des démarches privées, l'UMP bafoue les outils de démocratie que sont les concertations et les enquêtes publiques. Est-ce sous la pression du président UMP du Conseil général que la commission d'enquête a donné un avis favorable au projet du département ?

Les recommandations des commissaires-enquêteurs seront-elles suivies d'effets ?

Les commissaires-enquêteurs insistent sur les nuisances sonores, la pollution atmosphérique, l'imperméabilisation trop importante des sols. Ils demandent des mesures pour limiter fortement la vitesse des voitures, en particulier quai des Chartreux à Issy-les-Moulineaux où l'élargissement aura des effets très néfastes sur la qualité de vie des habitants. Enfin, ils insistent sur la nécessité de mettre en place de réelles circulations cyclistes sécurisées sur l'ensemble du parcours.

Les propositions alternatives restent d'actualité

Le projet de mise à 4 voies de la RD7 est totalement archaïque et ne correspond pas aux attentes des habitants des villes traversées. Coûteux (plus de 200 millions d'euros), continuant de promouvoir les déplacements en voiture et l'accroissement de la circulation sur les quais, le Conseil général ne prend en compte ni les évolutions de l'urbanisme ni les propositions raisonnables et étayées des associations et des habitants d'une voirie réduite pour les voitures, de carrefours aménagés sans feux et de circulation séparée pour les autres usagers. La majorité UMP du département après avoir laissé entendre qu'elle était ouverte à des aménagements passe en force en obtenant l'aval d'une commission d'enquête publique dont les recommandations décrivent en négatif les aspects les plus litigieux du projet d'élargissement.

Pour préserver l’avenir et s’inscrire dans un développement réellement soutenable, il faut réduire la place de la voiture et développer d'autres modes de circulation. Nous appelons les habitants à soutenir les associations de riverains, les associations et groupements de protection de l’environnement pour empêcher la réalisation de ce projet de voie à grande circulation entre Sèvres et Paris et revenir à un aménagement qui prenne en compte les réels besoins de mobilité des habitants de nos communes.

 

 


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